It Chapter 2

Réalisé par : Andy Muschietti

Ecrit par : Gary Dauberman, d’après l’œuvre de Stephen King

Avec : James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hader, Bill Skarsgard, Jay Ryan

On ne peut pas nier que It Chapter 1 (2017), réalisé par Andy Muschietti (Mama), a été un énorme succès financier. Pas moins de 700 millions de dollars US rapportés au box-office pour un budget de 35 millions, c’est quasi inespéré pour un film d’horreur. Ainsi, c’est avec une grande confiance de la part des producteurs qu’Andy a pu réaliser un second chapitre d’une durée de près de trois heures ! Pour ma part, après un premier opus moyennement convaincant, c’est avec une certaine appréhension que je suis allé voir ce nouveau long-métrage. Mal m’en prit puisque, malgré mon amour pour le roman de Stephen King dont le film est tiré, c’est tout simplement un de pires films de l’année !

Vingt-sept ans après avoir vaincu le terrible clown Pennywise, chaque membre du club des losers vit sa vie comme il l’entend loin de Derry. Or, contactés par Mike Hanlon (Isaiah Mustafa) qui, lui, n’a jamais quitté la ville, ils doivent retourner à Derry pour honorer leur promesse d’enfant et en finir une bonne fois pour toute avec le monstre qui hante cette ville, revenu des ténèbres pour se nourrir…

Pourtant, le film commençait bien. La première scène montre le meurtre d’Adrian Mellon (Xavier Dolan), un homosexuel qui ne se gêne pas pour envoyer promener les homophobes. La violence de cette scène est très réaliste et on ne peut s’empêcher de ressentir un frisson lorsqu’on voit Pennywise et ses milliers de ballons apparaître. Malheureusement, il s’agit de la seule vraiment bonne scène du film.

Le reste du film n’est qu’un prétexte pour nous sortir des monstres grotesques en mauvais CGI. Toutes les scènes se ressemblent : un personnage se promène, un monstre apparaît, le protagoniste a peur puis Pennywise le menace. Et ce petit manège s’éternise durant presque trois heures ! C’est interminable.

Si seulement ces scènes étaient bien tournées, on en aurait pour notre argent. Ce n’est malheureusement pas le cas. La réalisation de Muschietti est tout au mieux fonctionnelle. Il n’arrive pas à maintenir la tension plus de deux secondes et ses jumpscares sont tout simplement inefficaces. C’est sidérant d’ennui.

Les acteurs n’aident pas non plus. Ils surjouent presque tous. Etonnant puisque le film est porté par des comédiens de talent qui ont déjà fait leurs preuves, comme James McAvoy (Split) ou Jessica Chastain (Crimson Peak). Aucune de leurs réactions n’est juste, et il n’y a pas la moindre alchimie entre eux. Exception faite de Bill Hader (Trainwreck) : son personnage est certes parfois insupportable, mais l’acteur n’en fait pas trop. Les enfants acteurs que nous avons pu voir lors du premier chapitre jouent également assez bien lors des trop nombreux flashbacks inutiles.

Par ailleurs, le scénario écrit par Dauberman souffre du défaut majeur de tous les scénarios du même scénariste, c’est-à-dire le manque de cohérence par rapport aux pouvoirs de l’antagoniste. Pennywise est une incarnation du mal, un monstre pouvant prendre plusieurs formes et qui n’hésite pas à manger des enfants grâce à ses dents acérées. Pourtant, contre le club des losers, il ne fait rien d’autre qu’un gros « Boo ». Ceux qui cherchent une logique à ses actes n’en auront pas.

Il est de notoriété publique qu’adapter une œuvre de Stephen King à l’écran n’est pas chose aisée. Celle-ci ne fait pas exception à la règle. En effet, plusieurs éléments qui passent bien dans les écrits du maître de l’horreur peuvent paraître terriblement kitsch à l’écran. La scène avec la statue de Paul Bunyan, ainsi que la confrontation finale sont deux exemples d’éléments issus du roman qui auraient pu être beaucoup mieux exécutés mais qui, malheureusement, semblent complètement ridicules une fois mis en images.

Moi, quand j’ai vu que ce film n’avait pas de fin.

A cela s’ajoute une dose d’humour totalement déplacée qui ne cadre pas avec le ton employé en général. Comment prendre au sérieux une scène horrifique lorsqu’on nous balance la chanson Angel Of The Morning de Juice Newton qui tombe comme un cheveu sur la soupe ? De même, lors d’une scène de poursuite intense, deux des protagonistes se retrouvent devant un petit chien face auquel ils gagatisent complètement. Quel est l’intérêt à part briser la tension ? La majorité des tentatives d’humour sont à la fois lourdes et inutiles.

Certes, le premier chapitre était truffé de défauts, mais il était au moins regardable notamment grâce aux jeunes acteurs qui jouaient merveilleusement bien. Dans le second volet, rien ne vaut la peine. Si seulement il durait une heure trente, ça aurait été une distraction acceptable, mais cette durée ridicule de trois heures, c’est ça la véritable horreur.

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