Annabelle Comes Home (2019)

Réalisé par : Gary Dauberman

Ecrit par : Gary Dauberman

Avec : McKenna Grace, Madison Iseman, Katie Sarife, Michael Cimino, Vera Farmiga, Patrick Wilson

Gary Dauberman est un mauvais scénariste. Chaque œuvre qu’il a signée est une pitoyable chose qui ne mériterait même pas d’être projetée dans une salle de cinéma. Qu’il s’agisse du remake de A Nightmare on Elm Street (2010), de Final Destination 5 (2011), d’Annabelle 1 et 2 (2014 et 2017), de It (2017), ou encore de The Nun (2018) tous pêchent par un scénario foutoir qui semble avoir été pondu par un adolescent en manque de neurones en état de fonctionnement. Le récent It – Chapter 2 est la dernière victime en date de l’incompétence crasse de ce monsieur.  C’est la raison pour laquelle je peux dire sans hésitation qu’Annabelle Comes Home est, et restera, ma plus grande surprise de l’année. Il s’agissait du film à propos duquel je nourrissais le moins d’espoir, persuadée au plus profond de moi-même que j’allais avoir droit à une grosse catastrophe, à l’image du précédent opus. Avec Gary Dauberman, l’un des pires scénaristes de notre époque, en charge du scénario ET de la réalisation, le pire était à craindre. Et c’est là que le miracle se produisit.

Mise hors d’état de nuire, bien au chaud dans le sous-sol de Lorraine et Ed Warren, la poupée Annabelle attend son heure. A la faveur d’un week-end où les Warren s’absentent et confient leur fillette à une baby-sitter, Annabelle et les forces du mal vont trouver l’occasion de se déchaîner à nouveau…

Croyez-le ou non, mais j’ai passé un très agréable moment devant ce Annabelle troisième du nom. J’ai eu l’occasion de le voir deux fois au cinéma, et les deux visionnements furent de qualité égale. Gary Dauberman serait-il finalement capable de produire quelque chose de correct ?

Une première chose saute aux yeux : l’habituel fouillis daubermanien, où la confusion règne en maître, a laissé place à une belle cohérence dans l’intrigue, encore renforcée par la règle des trois unités (de temps, de lieu et d’action) qui est ici respectée. L’histoire, sans être follement originale, est linéaire et se suit sans déplaisir. Le terme « linéaire » n’est certes pas toujours un compliment lorsqu’il s’agit du scénario d’un film, mais s’agissant de Dauberman et de ses envolées grotesques peuplées de rebondissements et de créatures tous plus incongrus les uns que les autres, c’est sincèrement une très bonne chose. En outre, la réalisation est, elle aussi, très réussie, nous gratifiant même de plans de toute beauté.

En plus de cela, le traitement réservé aux personnages est également très positif. Ceux-ci échappent aux stéréotypes ordinaires (notamment la meilleure amie de l’héroïne, loin du cliché de l’habituelle peste auquel on est rompu). Autour du couple Warren (que je trouve toujours éminemment sympathique, tant Ed que Lorraine) gravitent une galerie de personnages agréables, pour lesquels on éprouve immédiatement de la bienveillance. On prend plaisir à suivre ces protagonistes, campés par des acteurs compétents (mention spéciale à Michael Cimino, alias « Bob a le matos »). De surcroît, leurs dialogues sont naturels et leurs réactions sensées, et les quelques touches d’humour bon enfant dispensées çà et là font souvent mouche.

Bob a le matos !

Par ailleurs, j’ai également beaucoup aimé la musique de Joseph Bishara (Insidious), que je ne remarque pourtant pas systématiquement dans un film, sauf lorsqu’elle m’insupporte. Ici, j’ai trouvé qu’elle contribuait à instaurer cette ambiance délicieusement rétro et chaleureuse dans lequel baigne le long métrage.

De plus, les moments de tension qui parsèment le film sont particulièrement réussis. Le suspense est véritablement à couper au couteau, si bien que l’on se surprend à retenir son souffle à plusieurs reprises.  De ce point de vue, c’est une vraie réussite. Par contre, force est d’admettre que l’aspect horrifique n’est pourtant pas réussi à cent pour cent. La plus grosse faille du film se situe d’ailleurs à ce niveau : un manque de sobriété est à déplorer en ce qui concerne les créatures, qui font parfois sérieusement penser à un épisode de Goosebumps. Je parle notamment 

Spoiler

du loup-garou, qui aurait gagné à ne jamais être montré à l’écran.

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Par chance, le film se reprend et nous offre une conclusion idéale, sobre et émouvante à la fois. Le film m’a tant satisfaite que je me surprendrais presque à attendre le prochain volet avec impatience. Presque.

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