The Silence (2019)

Réalisé par : John R. Leonetti

Ecrit par : Carey et Shane Van Dyke, d’après le roman de Tim Lebbon

Avec : Stanley Tucci, Kiernan Shipka, Miranda Otto, John Corbett

Depuis quelques temps, nous avons droit à de nombreux films dont un des protagonistes se retrouve privé de l’un de ses sens (surdité, cécité, etc.). Si cette « gimmick » n’est pas nouvelle (comme See No Evil de Richard Fleischer en 1971, avec l’excellente Mia Farrow), il n’empêche que nous avons tout de même eu droit à du matériel de qualité ces derniers temps. Il n’y a qu’à mentionner Hush (2016), A Quiet Place (2018) ou encore Birdbox (2018) pour s’en assurer. Bien sûr, il y a eu quelques ratés, mais rien de « mainstream », ce qui leur a permis de passer plutôt inaperçu.  Puis est apparu The Silence

Ally Andrews (Kiernan Shipka) est une jeune adolescente sourde. Malgré son handicap, elle coule des jours heureux avec sa famille parfaite et son petit copain. Du jour au lendemain, tout bascule puisqu’une espèce d’oiseaux préhistoriques, qui se dirige grâce aux sons, sort de sous terre avec pour but de devenir la race dominante…

Vous avez aimé A Quiet Place ? Vous avez aimé Birdbox ? Vous aimeriez voir un copié-collé de ces deux films, mais en version adolescente et truffée d’incohérences ? Alors, The Silence est fait pour vous ! Parce que, même si le film est tiré du roman de Tim Lebbon sorti en 2015, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison entre ces œuvres et même croire à du plagiat tellement les similitudes sont frappantes. La grande différence se trouve dans le fait que l’on suit une adolescente qui narre une partie du récit, donnant l’impression d’un film pour adolescents.

Par ailleurs, même si la réalisation de Leonetti (Annabelle, Wish Upon) est sans âme, simplement fonctionnelle, c’est au niveau du scénario que se trouvent les plus gros problèmes. D’abord, les incohérences pleuvent. Alors que les personnages traversent littéralement l’apocalypse, ils ont quand même de l’électricité et du réseau 4G, les internautes continuent d’écrire des articles sur le net concernant des évènements très précis, les gens sont courtois sur les routes. On ne sent pas que la fin du monde est imminente.

De plus, plusieurs personnages ont la fâcheuse habitude de vouloir se sacrifier à tout prix. « J’ai la jambe cassée ? Laissez-moi mourir, alors qu’on ne sait pas si les monstres se trouvent à 5,10 ou 1000 kilomètres ». « Je fais de l’asthme ? Je suis un fardeau et je mérite de me faire déchiqueter par ces créatures de l’enfer. » Ce n’est pas crédible que quelqu’un veuille absolument se sacrifier alors qu’il y a clairement d’autres solutions.

Si au moins les acteurs jouaient bien, on en aurait un peu pour notre argent, mais la plupart d’entre eux jouent machinalement. C’est une évidence lorsqu’on voit Stanley Tucci (The Hunger Games), habituellement très bon, dans le rôle du père, qui ne semble être là que pour recevoir son chèque. Kiernan Shipka (The Chilling Adventures of Sabrina) ne relève pas le niveau, arborant constamment une expression confuse entre la tristesse et la joie.

Parlant d’elle, son personnage, bien que sourd, agit comme si elle n’avait aucun handicap. On est loin de A Quiet Place dans lequel cet élément était très bien exploité. Dans The Silence, le personnage sourd est celui qui parle le plus ! Et elle n’a aucune difficulté à le faire. Pourquoi donner ce trait au personnage principal si ça ne change absolument rien ? C’est tout simplement absurde.

Leonetti a beau être un bon directeur photo, il prouve encore une fois qu’il est un piètre cinéaste. Après un Annabelle médiocre et un Wish Upon assez générique, il signe là son pire film, un ridicule duplicata de ce qui s’est fait l’année dernière. The Silence mérite tout simplement qu’on n’en parle pas.

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