A Quiet Place Part II (2021)

Réalisé par : John Krasinski

Ecrit par : John Krasinski, d’après les personnages créés par Scott Beck et Bryan Woods

Avec : Emily Blunt, Cillian Murphy, Millicent Simmonds, Noah Jupe, John Krasinski

La sortie au cinéma d’un film d’horreur est toujours source d’un petit stress pour moi : autant j’adore vivre cette expérience sur grand écran, autant il peut être extrêmement frustrant de prendre place dans une salle bruyante et irrespectueuse, où se plonger dans l’ambiance du film est impossible. Avec A Quiet Place 2, cette crainte est encore plus grande, puisque le silence y occupe une place prépondérante, et se retrouver dans une salle qui joue le jeu est une nécessité pour pouvoir vivre pleinement le long métrage. M’installer dans une salle de cinéma quasiment vide a donc été une aubaine, et m’a permis de me prendre de plein fouet la jolie claque qu’est A Quiet Place 2.

Le film relate la suite des aventures de la famille Abbott, toujours aux prises avec les terrifiantes créatures prêtes à les mettre en pièces au moindre bruit. A présent, Evelyn se retrouve seule avec ses trois enfants, et ne tarde pas à se rendre compte que leur seule chance de survie est de s’aventurer au-delà des limites de leur propriété, vers l’inconnu…

Commençons par le commencement, et aussi par le point fort du film : sa scène d’ouverture ! Maîtrisée de bout en bout, elle scotche le spectateur à son siège dès les premières minutes. Cette scène regroupe à elle seule toutes les qualités de la réalisation de John Krasinski : aucun temps mort, une tension à couper au couteau, des personnages attachants et réalistes, et un jeu d’acteurs solide. Même s’il n’apparait que quelques minutes à l’écran, Krasinski crève l’écran dans la peau de Lee, un père de famille aimant et attentif. Rien que pour cette scène, le film vaudrait la peine d’être vu.

Heureusement, les qualités du long métrage ne s’arrêtent pas là. Je dirais même qu’elles sont similaires au premier volet.

Tout d’abord, la réalisation de Krasinski s’avère époustouflante et sans faille tout au long du film. Les plans sont tous plus sublimes les uns que les autres et, pour un débutant, il fait preuve d’une maîtrise impressionnante dans les scènes d’action. Puisse-t-il persévérer dans ce registre, parce que c’est vraiment magnifique.

Ensuite, le second point fort du film est, à n’en pas douter, son actrice principale, Emily Blunt. Quelle comédienne incroyable ! Elle est plus belle à chaque fois qu’elle apparait à l’écran, et elle illumine véritablement le long métrage de sa présence. Les scènes où elle se trouve avec ses enfants sont d’un réalisme et d’une émotion saisissants.  Lorsqu’on la regarde, nul besoin de paroles pour comprendre les épreuves qu’elle a traversées, et sa détermination à sauver ceux qu’elle aime. Krasinski a su écrire un beau rôle de femme forte et résiliente. Par ailleurs, le personnage de Regan, l’aînée de la famille, est ici bien plus construit et agréable à suivre. La relation qu’elle développe avec Emmett, incarné par Cillian Murphy est même émouvante par moment. Et que dire de Noah Jupe, qui incarne Marcus, le cadet des Abbott ? Agé d’à peine quatorze ans à l’époque, il est tout bonnement magistral, même si son personnage n’est pas le mieux écrit du film.

De plus, comme je le disais plus haut, le suspense est à couper le souffle. Krasinski excelle dans l’art de nous faire languir, et joue parfaitement avec les moments de silence pour nous tenir en haleine et nous faire redouter le pire pour ses personnages. Nul doute que vous aussi, vous vous surprendrez à retenir votre souffle en même temps que les protagonistes, tant la tension est palpable.

Par contre, si le film bénéficie des mêmes atouts que son prédécesseur, il souffre également des mêmes défauts. Une certaine lourdeur est toujours à déplorer dans les dialogues (heureusement peu nombreux). De même, on a parfois l’impression qu’on cherche à nous tirer les larmes, alors que c’est inutile, car les émotions sont bien présentes et n’ont pas besoin de dialogues appuyés ou de musique larmoyante pour nous serrer la gorge. Par contre, la partie « l’Homme est un loup pour l’Homme » promise par le synopsis officiel, peu intéressante, a le bon goût de ne pas s’éterniser.

Ce ne sont fort heureusement que des détails, qui ne nuisent en rien au plaisir que l’on à visionner ce second volet. Un troisième chapitre, mis en scène cette fois par Jeff Nichols (réalisateur du superbe Take Shelter), est prévu en 2023.  Saura-t-il se montrer à la hauteur de John Krasinski ? J’ai bien hâte de le découvrir !

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