Freaky (2020)

Réalisé par : Christopher Landon

Ecrit par : Christoper Landon et Michael Kennedy

Avec : Vince Vaughn, Kathryn Newton, Misha Osherovich, Celeste O’Connor, Uriah Shelton

Lorsque Freaky est sorti sur les écrans, j’étais pleine d’appréhension : n’était-il pas réalisé et écrit par Christopher Landon, l’homme coupable d’avoir commis l’indigne Happy Death Day 2 You, l’une des pires choses qu’il m’ait été donné de voir ? Allais-je encore avoir droit à un ramassis de scènes plus pathétiques les unes que les autres, avec un humour au ras des pâquerettes, et un côté horrifique quasi absent ? J’ai eu la chance de voir Freaky à deux reprises, et je peux vous dire qu’il n’a rien de tout ça, vraiment rien !

Millie était une adolescente des plus banales. Mais ça, c’était avant. Propulsée dans le corps d’un psychopathe sanguinaire, elle n’a que quelques heures pour reprendre possession de son corps, et faire cesser l’épopée mortelle du tueur, qui se balade en ville en semant la mort sur son passage…

Tout d’abord, je me dois de commencer cette critique en vous parlant de Vince Vaughn (Psycho). Mais quelle idée de génie de l’avoir embauché pour incarner le méchant du film ! Vaughn est un acteur que j’ai toujours apprécié, mais jamais je n’aurais pensé le voir un jour dans le rôle d’une adolescente de 17 ans. Voilà qui est fait, et c’est au-delà de mes espérances. Il est fabuleux, sans jamais tomber dans l’excès ou les clichés. Il est vraiment une chance pour le film, tant il excelle dans son rôle de jeune demoiselle prisonnière dans le corps d’un psychopathe de deux mètres de haut. D’ailleurs, les meilleures scènes sont celles qu’il partage avec les deux amis de Millie, à l’image de la bagarre dans la cuisine, tout simplement irrésistible.

Kathryn Newton, dans le rôle de Millie, est également excellente. Lorsque le psychopathe a pris possession de son corps, il lui suffit d’un regard, d’un geste, pour nous mettre mal à l’aise.  Les personnages secondaires ne sont pas en reste : campés par des acteurs sympathiques, les amis de Millie sont très amusants, notamment Joshua, qui apporte un petit vent de fraîcheur (la scène avec la mère de ce dernier vaut son pesant de cacahuètes).

La personne derrière la caméra mérite également des compliments : Christopher Landon connait et maîtrise son sujet, c’est évident. Le film est rythmé, effrayant, et se permet même le luxe d’être vraiment drôle. Il est évident que Landon aime les slashers, et a eu envie de leur rendre hommage à sa façon. Le film est truffé de clins d’œil et de références à ce sous-genre et à ses représentants les plus emblématiques, Jason et Michael Myers en tête. Mais la référence qui viendra spontanément à l’esprit de tout fan de slasher qui se respecte en regardant Freaky, c’est Scream. Je vois le film comme une vraie déclaration d’amour à ce dernier. Non seulement la fin de la scène d’ouverture est un gros gros clin d’œil à celle de Scream, mais en plus, le chef-d’œuvre de Wes Craven est omniprésent au détour d’un dialogue, d’une atmosphère, d’un ressenti. Ça fait chaud au cœur.

Sans toutefois en avoir la puissance, Freaky fait un peu ce que Scream avait fait à son époque : détourner les clichés propres au film d’horreur de manière fine et maligne. Ici, Freaky se paie également les stéréotypes inhérents aux comédies romantiques pour ados, et c’est très bien fait.

Face à une telle réussite, je me pose cette question : comment un même cerveau a-t-il pu accoucher à la fois de ce film, sommet de tendresse, de drôlerie et d’horreur, et d’ Happy Death Day 2 You, aussi subtil et douloureux qu’un coup de poing dans la face ? Le mystère reste entier. Mais je suis toute disposée à pardonner à Landon cet écart de conduite, s’il a encore en stock de bonnes surprises à l’image de ce Freaky.

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