Creep (2004)

Réalisé par : Christopher Smith

Ecrit par : Christopher Smith

Avec : Franka Potente, Vas Blackwood, Jeremy Sheffield, Sean Harris, Kelly Scott

Je ne suis pas quelqu’un que l’on effraye facilement dans la vie de tous les jours. Lorsque je regarde un film d’horreur, il m’arrive d’avoir peur sur le moment, mais cette sensation va vite s’estomper et ne me suivra pas dans mes activités quotidiennes. Je ne crains pas de marcher seule la nuit, je ne frémis pas non plus à l’idée de me retrouver seule chez moi le soir. De même, je fais rarement de cauchemars. L’ami Freddy est bien venu me rendre une petite visite nocturne de temps à autre durant ma jeunesse, mais ça s’arrête là. Dans ma vie d’adulte, la peur est donc une émotion que je réserve essentiellement aux salles de cinéma. Creep représente une exception assez notable. D’une part, son atmosphère anxiogène m’a accompagnée quelques temps après mon visionnement. En effet, étant une grande utilisatrice des transports en commun, j’ai bien connu le stress que l’on peut avoir de manquer le dernier train, j’ai également connu cette étrange sensation de ne pas rencontrer âme qui vive dans des wagons habituellement surpeuplés, j’ai plus d’une fois arpenté les couloirs souterrains déserts au milieu de la nuit. Et je dois bien avouer qu’il m’est alors souvent arrivé de repenser avec effroi aux prémices du film où la pauvre Franka Potente se retrouve prisonnière d’une station déserte après avoir raté le dernier métro. D’autre part, je dois admettre que le film et son ambiance glauque à souhait font occasionnellement irruption dans certains de mes rêves pas très agréables. Je ne dirais pas qu’il s’agisse du film le plus effrayant qu’il m’ait été donné de voir, mais force est de constater qu’il compte parmi ceux qui ont laissé, sans en avoir l’air, une empreinte durable en ma petite personne.

Après une soirée arrosée en plein cœur de Londres, Kate se rend dans une station de métro pour regagner son domicile. Elle s’assied sur un banc afin d’attendre le train destiné à la ramener chez elle. Manque de chance, la fatigue et l’alcool cumulés la plongent dans un profond sommeil. Lorsqu’elle se réveille, elle réalise que, non seulement, le dernier métro a quitté le quai, mais qu’en plus, elle est enfermée dans la station, prisonnière de grillages métalliques infranchissables. Prise au piège, Kate ne va pas tarder à se rendre compte qu’elle n’est pas seule, et que l’enfermement est loin d’être la pire des choses qu’elle devra affronter cette nuit-là…

Tout d’abord, le métro londonien est vraiment un lieu judicieux à exploiter dans un film d’horreur, car en plus d’être un vrai labyrinthe avec sa multitude de couloirs qui s’entrecroisent, c’est un endroit qui peut vite devenir poisseux et inhospitalier la nuit, alors qu’il grouille pourtant de vie durant la journée.  Au crépuscule, le métro souterrain peut réellement procurer un sentiment de claustrophobie ; il regorge de recoins obscurs qui contrastent avec la lumière crue et froide des néons, pas beaucoup plus rassurante. Cette atmosphère à haut pouvoir anxiogène est parfaitement retranscrite à l’écran, et inocule sans peine une sensation de malaise au spectateur.

En plus de cela, si le film est aussi effrayant, c’est également parce qu’il met habilement en scène bon nombre de peurs présentes chez beaucoup de gens :  la peur du noir, des espaces clos, de la saleté, ou encore du fait d’être livré à soi-même et privé de tout moyen de communication. En effet, lorsque la pauvre Kate se trouve confrontée à certaines de nos angoisses les plus profondes, on ne peut s’empêcher de ressentir de l’empathie pour elle, et surtout de se demander ce que l’on ferait à sa place face à une telle situation. Cela permet de s’immerger très vite dans l’action. Cette identification au personnage qui se produit ainsi immanquablement permet de gommer l’un des défauts du film, à savoir le manque de sympathie vis-à-vis du personnage principal. Sans être véritablement désagréable, Kate n’est jamais vraiment attachante (contrairement aux personnages secondaires).

Très vite, les péripéties s’enchaînent, toutes plus éprouvantes les unes que les autres. Lorsque l’on croit l’héroïne enfin sortie d’affaire, il n’en est évidemment rien, et le cauchemar continue de plus belle. En outre, Christopher Smith fait habilement monter la tension en ne nous dévoilant pas immédiatement la nature de la menace qui pèse sur notre héroïne : l’antagoniste n’apparait qu’après 45 minutes, pour 1h18 de film. Le méchant est d’ailleurs assez réussi : en plus d’un maquillage répugnant, celui-ci représente la folie pure, impossible à raisonner. Il n’hésite pas, ne chipote pas, ne fait pas de grands discours sur son mobile ou ses aspirations. En plus d’être carrément flippant, cela nous évite une surexplication inutile qui aurait gâché la simplicité de l’intrigue.

Cette simplicité se retrouve également dans l’aspect visuel du film, qui ne tombe jamais dans la surenchère d’effets gores, mais réserve tout de même son lot de scènes peu ragoûtantes.

En ce qui concerne la fin, elle tient en deux mots : sobre et parfaite.

En définitive, de par son ambiance glauque, sa courte durée et son absence de temps mort, Creep est un film marquant, hyper efficace et éprouvant. Il trouverait sans problème sa place dans le top 10 de mes films d’horreur favoris.

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