Happy Death Day 2U (2019)

Réalisé par : Christopher Landon

Ecrit par : Christopher Landon

Avec : Jessica Rothe, Israel Broussard, Ruby Modine, Charles Aitken, Phi Vu

Hasard du calendrier, le film est sorti le jour de mon anniversaire. Cette petite coïncidence m’amusait beaucoup, et j’étais impatiente de me rendre au cinéma pour voir le film, ne doutant pas un seul instant que j’allais passer un agréable moment, comme cela avait été le cas pour le premier chapitre. Hélas, comme le titre du long métrage l’indique, ce jour a bien failli être également celui de ma mort, tant je me suis sentie mourir à petit feu face à ce spectacle des plus consternants.

En ce qui concerne le résumé, j’aimerais pouvoir juste vous dire que c’est la suite de Happy Death Day, sorti en 2017, mais je vais m’abstenir : la parenté entre les deux œuvres est si ténue, qu’il me semble insultant pour le premier film de le relier de quelque manière que ce soit à ce second volet nauséabond à tout point de vue. Pour résumer le magma informe qu’est Happy Death Day 2U, je dirais juste que ce gloubi-boulga sans queue ni tête nous présente vaguement Tree, une jeune femme embrigadée dans une boucle temporelle de laquelle elle essaie de se sortir, au péril de sa vie. L’histoire est idiote, redondante, et indigne d’intérêt. C’est tout ce qui mérite d’être dit.

Christopher Landon, le réalisateur, s’adjoint cette fois le poste de scénariste. Et il aurait dû s’abstenir. Il se loupe en effet dans les grandes largeurs. Ainsi, la première chose qui saute aux yeux lorsque l’on découvre ce Happy Death Day deuxième du nom, c’est l’impression d’avoir affaire à un incroyable gâchis. En effet, tout ce qui faisait du premier film un film d’horreur frais et joyeusement décalé a ici été soigneusement gommé. Non seulement l’aspect horrifique est totalement inexistant (j’y reviendrai), mais on a également droit à une explication pseudo-scientifique aussi stupide qu’inutile, et à des personnages plus du tout attachants car plus décérébrés les uns que les autres.

En plus de cela, le film totalise un nombre impressionnant de séquences écœurantes où le personnage s’adresse à son entourage à cœur ouvert, lors de scènes rose bonbon interminables sur fond de petite musique larmoyante à vous filer la nausée. Les scènes de ce type sont tellement fréquentes et hors de propos que l’on se demande même s’il ne s’agit pas d’une plaisanterie. Hélas, la subtilité ayant déserté le navire depuis longtemps, on finit par réaliser que ce n’est malheureusement pas une blague, et que le scénario est tout simplement pitoyable.

Parlant de scénario, il y a beaucoup à en dire. Après quarante minutes d’intense souffrance, le spectateur a enfin droit à une scène dans un hôpital en travaux plus que convenable, et même -oserais-je le dire ?- franchement réussie. Et là, tout prêt à pardonner les quarante premières minutes d’égarement, il se dit : « Aaah, voilà, le film se reprend enfin ! » Hé hé hé, pauvres petits bonshommes naïfs que vous êtes : bien sûr que non, le film n’est pas en train de se reprendre ! Il ne perd pas une minute pour poursuivre sa lente dégringolade dans les profondeurs de la médiocrité. Pourtant, je dois avouer que replonger le spectateur dans l’action du premier film était une idée plutôt sympathique, mais ô combien mal exploitée ici.

Tous ces égarements du scénario contribuent à faire du film une pauvre comédie de science-fiction pour adolescents, mais absolument pas un film d’horreur ! A croire que l’on a pris un scénario de voyage dans le temps basique et qu’on lui a ajouté cette histoire de tueur au masque de bébé pour la caution horrifique… La sous-intrigue horrifique n’a ici aucun sens, les rebondissements sont forcés, et ne semblent exister que pour pouvoir apposer sur l’affiche la mention « film d’horreur » prompte à attirer les meutes d’adolescents en mal de sensations fortes dans les salles de cinéma. De qui se moque-t-on, je vous le demande.

Pour ne rien arranger, les acteurs, pourtant agréables dans le premier film (surtout Jessica Rothe, l’actrice principale, que je trouvais fraîche et sympathique – mais ça, c’était avant) surjouent ici abominablement. Les personnages qu’ils incarnent sont agaçants et stupides, si bien que l’on se désintéresse totalement de leur sort après seulement quelques minutes de visionnement. Et que dire des seconds rôles (les geeks du laboratoire) ? J’ai eu de la peine pour eux tellement les répliques qui leur ont été données étaient pathétiques et douloureuses à entendre.

S’ajoutent à cela des situations et des dialogues lourdingues et pas drôles. Toutes les (nombreuses) tentatives d’humour se crashent lamentablement, c’en est même gênant. Le long, très long montage nous montrant Tree se suicider de façons toutes plus risibles les unes que les autres obtient le palme du malaise. Le film contient également l’une des scènes les plus lamentables de ces dernières années, j’ai nommé la scène de la fausse aveugle, digne d’un sitcom pour ados prépubères de Disney Channel. Si l’on additionne à cela une scène post-générique qui ne fait pas le moindre sens, plus de doute possible : nous sommes bel et bien face à un pur navet, mes amis.

Si vous ne l’aviez pas encore compris, tout ici est affligeant. Le temps où les amateurs d’horreur se réjouissaient qu’un film bénéficie d’une sortie ciné n’est plus qu’un lointain souvenir : maintenant, c’est avec une appréhension, hélas trop souvent justifiée, que l’on se rend dans les salles de cinéma. Et le fait que, jusqu’à présent, le meilleur film d’horreur de l’année soit une production Netflix (Velvet Buzzsaw – lisez la critique de Pat ici) ne fait que confirmer ce triste état de fait…

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