The Grudge (2004)

Réalisé par : Takashi Shimizu
Ecrit par : Stephen Susco
Avec : Sarah Michelle Gellar, Jason Behr, Bill Pullman, Clea DuVall, Takako Fuji

Il y a de ces films d’horreur qui sont bons parce leur scénario est bien structuré, original et surprenant. Il y en a d’autres qui se démarquent par leur mise en scène très imaginative et leurs plans n’ayant jamais été faits auparavant. Certains offrent une photographie magnifique avec des couleurs et des éclairages léchés. Et finalement, il y en a qui sont tout simplement terriblement effrayants, sans nécessairement avoir toutes les qualités précédentes, et qui viennent hanter nos nuits et même parfois nos jours.

D’aucuns diront que cet aspect n’en fait pas nécessairement de bons films, mais n’est-ce pas pour ça que l’on regarde des films d’horreur à la base, pour avoir peur ? C’est à cette dernière catégorie qu’appartient The Grudge qui, à défaut d’être techniquement parfait, est une œuvre qui m’a terrifié durant de longues années et à laquelle je dois donner tout le crédit qu’elle mérite. Sorti dans la foulée des remakes américains de films japonais, The Grudge est sans conteste le meilleur remake J-Horror jamais sorti (oui, mieux encore que The Ring !)

Karen (Sarah Michelle Gellar) est une jeune infirmière américaine fraîchement débarquée au Japon. L’agence d’aide à domicile qui l’a engagée l’envoie prendre soin d’une femme souffrante. Karen va rapidement se rendre compte que quelque chose ne va pas… Très vite, sa vie sera bouleversée par la présence dans la maison d’entités malveillantes qui n’aspirent qu’à une seule chose : supprimer tous ceux qui s’approchent de près ou de loin de la demeure.

Putain ! Cours Karen (Sarah Michelle Gellar) !

The Grudge n’est pas parfait. Il y a plusieurs incohérences au niveau du scénario. Par exemple, les esprits de la maison s’en prennent à tout le monde sans hésiter, et tuer quelqu’un n’est qu’une question de minutes. Par contre, Karen est épargnée par ces attaques pendant un certain temps, n’ayant droit qu’à des apparitions. Même si cet aspect est un peu bâclé, c’est sans doute parce qu’il fallait un personnage auquel s’attacher afin de faire avancer l’histoire.

Tant mieux, parce que Sarah Michelle Gellar (Scooby-Doo, The Return) s’en tire à merveille. Alors qu’elle était principalement connue grâce à Buffy The Vampire Slayer (1997-2003), elle réussit à sortir de son rôle de prédilection et joue à la perfection la « Final Girl », dosant très bien le courage dont elle fait preuve et la terreur qu’elle ressent face aux esprits.

Aaaaaaaaaaaaaaaah !

Par ailleurs, contrairement à la majorité des films américains, la structure du scénario n’est pas chronologique, mais sans être jamais confuse pour autant. Cela confère à l’œuvre un aspect original, lui donnant un côté mystérieux qui plaira au spectateur.

Mais, ce qui fait en sorte que The Grudge est si bon à mes yeux, est qu’il est le film le plus effrayant jamais réalisé. Et je sais que je ne suis pas le seul à penser ça.

Anecdote 1 : Je suis allé le voir au cinéma alors que je n’étais qu’un petit adolescent plein d’acné. Mon meilleur ami de l’époque, Nico, m’accompagne. Il n’est pas fan d’horreur, mais l’apprécie, surtout qu’il n’avait pas le choix puisque je lui faisais regarder de nombreux films. On passe un bon moment. On parle un peu de ce qu’on a vu puis on repart chacun de notre côté. Pour ma part, je ne dis rien mais je suis secrètement terrifié. Je ne dors plus. Je regarde dans tous les coins de chaque pièce. Des années plus tard, je revois Nico. Et on reparle de The Grudge et il m’avoue que lui non plus ne s’en est jamais remis, et qu’il ne doit pas y penser s’il ne veut pas faire de cauchemars.

Anecdote 2 : Un autre de mes amis (appelons-le Quinn) qui n’aime pas les films d’horreur, me dit qu’il est facilement effrayé par ce genre de cinéma, et qu’un film en particulier ne cesse de hanter ses pensées. Il s’agit, vous l’avez deviné, de The Grudge.

Anecdote 3 : J’ai 25, 26 ans, j’en suis à ma dernière année d’université. Une fille, Mel, s’assied à côté de moi et on commence à discuter des cours. Puis, on parle de tout et de rien. Je lui avoue que je suis un fan d’horreur, que j’en dévore jour et nuit. Elle me dit qu’elle déteste ça. Comme d’habitude, lorsque quelqu’un me dit ça, j’essaie de comprendre et d’expliquer qu’il y a plusieurs sous-genres et qu’il y en a forcément un qui doit lui plaire. Elle me répond qu’elle aimait bien ça étant petite, mais qu’elle n’en avait plus vu depuis ses treize ans. La raison ? Un certain film l’avait marquée à vie et elle se refusait de risquer d’être aussi effrayée encore une fois. Eh oui, encore une victime de The Grudge.

C’est bon, je vais faire des cauchemars ce soir…

Je sais que la peur est purement subjective et que plusieurs sont restés indifférents face à cette œuvre. Or, je ne peux pas mettre cet aspect de côté. La peur, dans The Grudge, est si efficace que je me dois de lui accorder une grande importance. Mais pourquoi ce long-métrage est-il si efficace ?

Premièrement, le réalisateur a décidé que l’action se déroulerait au Japon. Un choix risqué, mais judicieux puisqu’on se retrouve dans une atmosphère claustrophobe. Karen se trouve dans un pays qu’elle ne connait pas, elle ne parle pas un mot de japonais et donc, malgré le fait qu’elle soit entourée de milliers de voisins, elle est complètement seule, livrée à elle-même.

Deuxièmement, contrairement à la plupart des films d’esprits vengeurs, il n’y aucun moment de répit dans The Grudge. En effet, lorsque quelqu’un est contact direct ou indirect avec la maison, il sera poursuivi par le fantôme jusqu’à sa mort. Que ça soit le jour ou la nuit, que le personnage se trouve dans la maison ou à des kilomètres de là, ça ne change absolument rien. Le scénario fait en sorte que l’on n’ait jamais le temps de reprendre notre souffle.

Troisièmement, il n’y a aucun moyen de se sortir de cet enfer. On ne sent à aucun moment que les personnages peuvent faire quoi que ce soit pour survivre. L’esprit de Kayako (Takako Fuji) attaquera, que vous soyez sous votre douche, dans un hôpital ou même sous vos draps. Il y a bien une enquête qui est menée pour en connaître davantage sur la maison hantée, mais aucune échappatoire n’est proposée. On sait que, si ça nous arrivait réellement, on ne pourrait absolument rien faire.

C’est pour ça que le film, même s’il a des défauts, est parfait à mes yeux. Même après l’avoir vu à de maintes reprises, il m’affecte toujours autant. Je sais que, si je veux une bonne frousse, je dois tout simplement mettre ce DVD dans mon lecteur.

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